L'opération
a été déclenchée par la volonté
du fond d'investissement SIPAREX de céder sa participation
de 12% dans CSA, acquise il y a 6 ans. Conseillés par le
cabinet P.A.R. de Bruno Cluzel, Roland Cayrol et les trois autres
fondateurs de CSA (75% des actions à eux 4) ont pu réaliser
une partie de leur patrimoine, avec la perspective de céder
le reste de leurs actions dans un ou deux ans. En effet, un communiqué
commun a précisé que « le groupe Bolloré
aura vocation, à l'échéance de 2008 / 2009,
à devenir majoritaire au sein de CSA ».
Pour le groupe Bolloré, « cet investissement sinscrit
dans sa stratégie de développement dans le secteur
de la communication. Le domaine des études de marché
et dopinion connaît, en effet, une croissance forte
et permet de fournir aux entreprises et aux acteurs institutionnels
une meilleure compréhension des comportements des consommateurs
et des citoyens vis-à-vis de leurs offres de produits et
de services.»
Cette prise de participation n'entraîne pas de modifications
dans le management de la société qui reste placée
sous la direction de Claude Suquet, de Roland Cayrol et de Claude
Tharreau (Direction Générale), ainsi que d'Elisabeth
Martine-Cosnefroy, d'Henri Boulan, et de Stéphane Rozès
(Directeurs Généraux adjoints). Elle s'accompagne
toutefois de l'entrée de deux représentants de Bolloré
(Philippe Wahl et Xavier Susperrégui) au conseil d'administration
de CSA.
Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé
mais on estime que le total ne devrait pas dépasser les 15
millions d'euros, une somme assez modeste pour Bolloré Investissement
(5,4 milliards dEuros de CA en 2005), qui a déjà
investi lourdement dans tous les secteurs de la communication et
qui s'apprête à investir près d1 milliard
d'Euros dans les télécoms (voir encadré ci-dessous).
Contrairement à ce que lon rencontre aux Etats-Unis,
en Asie et dans les autres pays Européens, le marché
français des sociétés détudes
est très atomisé avec pas moins de 400 instituts,
dont beaucoup de micro- structures dune ou deux personnes
spécialisées notamment dans les enquêtes qualitatives.
Les 100 principaux intervenants du marché emploient près
de 5.000 personnes et réalisent un chiffre daffaires
de lordre dun milliard dEuros.
Dans ce panorama, CSA fait partie du peloton de tête puisquil
occupe la 8ème position du marché, avec 140 salariés
et une trentaine de millions dEuros de CA. Cette part de marché
de 3% le situe toutefois très loin du leader TNS France (216
M€ en 2005, 21% du marché), dIpsos France (106
M€) et de GFK France (82 M€). Il est également
devancé par IMS Health, IRI France, Médiamétrie
et MV2.
Linstitut CSA, qui se situe en fait au niveau de BVA et d'Ifop,
jouit, comme ces deux instituts, dune visibilité médiatique
et dune notoriété relative importantes, dûes
à une pratique fréquente des sondages politiques et
des enquêtes pour les médias. La présence régulière
de Roland Cayrol et de Stéphane Rozès dans différentes
émissions télévisées et radiophoniques
participent dailleurs à cette notoriété.
Roland Cayrol reconnaît dans une déclaration au Monde
que CSA avait, en tant que société détudes
généraliste, un problème de taille : «
Nos besoins en investissement dépassaient nos capacités
... Il nous fallait faire face à une demande croissante d'internationalisation
de nos études et être capable de répondre aux
évolutions technologiques avec le développement de
techniques d'études sur Internet.»
Larrivée dun industriel tel que Bolloré,
va certainement changer la donne pour linstitut et bouleverser
peut-être les rapports de force sur le marché des études.
A moins que CSA ne soit principalement destiné quà
mieux cerner les comportements et attentes potentielles des nouveaux
consommateurs de lempire média et télécom
en voie de constitution.
Bolloré, nouveau tycoon des médias
et des télécoms ?
Vincent Bolloré semble parier
sur la convergence annoncée des médias et des télécoms
en réalisant des achats tous azimuts dans ces deux secteurs.
Même si les marchés ont du mal à comprendre
la cohérence de certaines acquisitions, lindustriel
Breton semble bien décidé à avancer très
rapidement.
Le groupe a commencé à investir massivement voici
cinq ans dans la communication et les médias en prenant des
participations importantes dans la production audiovisuelle (SFP
et Streampower), la publicité et lachat despace
(Havas et Aegis), la presse gratuite (Direct Soir et bientôt
un gratuit du matin en collaboration avec Le Monde), la radio (RNT),
la télévision (Direct 8 sur la TNT), le cinéma
(Gaumont). Linstitut CSA vient sajouter à ce
panier déjà bien garni.
Depuis un an, une quête parallèle se poursuit dans
les télécoms avec lacquisition des licences
Wimax pour douze régions. Récemment, le groupe sest
dit prêt à investir pas moins d'1 Milliard dEuros
dans les télécoms. Il vient dailleurs dannoncer
le rachat de 45 % de Wifirst, l'un des principaux opérateurs
de hot spots WiFi. Bolloré sapprêterait également
à être candidat pour la quatrième licence UMTS.
On parle aussi du rachat d'un fournisseur daccès à
Internet (Club Internet ou Alice s'ils venaient à être
vendus).
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