La loi
des grands nombres est issue des travaux du mathématicien
suisse Jacques Bernoulli (1654-1705).
Elle formalise une règle que tout un chacun admet très
naturellement (mais que Bernoulli a tout de même mis 20 ans
pour démontrer). Daprès cette loi, une expérience
comme un lancer dune pièce de monnaie que lon
répète beaucoup de fois finit par donner autant de
fois pile que face. Le pourcentage de chacun de ces deux événements
converge donc vers leur espérance mathématique de
50%.
Le « théorème faible des grands nombres de Bernoulli
» est à la base de la théorie des sondages.
Il sénonce comme suit (avec S représentant le
nombre de succès, n le nombre de répétitions
et p la probabilité du succès) :

Formellement, pour une expérience donnée,
dans le modèle défini par une loi de probabilité
p, les distributions des fréquences calculées sur
des séries de taille n se rapprochent de p quand n devient
très grand.
Appliqué aux échantillons denquêtes, lorsquon
effectue un tirage aléatoire dans une population de grande
taille, plus léchantillon choisi est grand, plus ses
caractéristiques sont proches de celles de la population-mère.
Cette règle sapplique bien entendu uniquement dans
le cadre dun tirage parfaitement aléatoire.
Il est à noter que la taille de la population-mère
na que peu, voire pas dimportance, ce qui permet dutiliser
des échantillons de même taille pour des études
aux Etats-Unis, en France ou en Belgique, sans grande influence
sur la précision obtenue.
Etant donné que plus léchantillon est important,
plus il est fidèle, on peut définir la taille à
utiliser en fonction dune marge derreur acceptable à
un seuil de confiance donné.
La formule de calcul pour un échantillon n est la suivante,
pour une proportion observée de p (ex : 50%) et une marge
derreur souhaitée de e (ex : +/- 2%), c étant
un coefficient dont la valeur dépend du seuil de confiance
souhaité (ex : 1,645 pour 90%, 1,960 pour 95%, 2,567 pour
99%, 3,291 pour 99,9%) :

Comme le constatait Poisson en 1837, « Les choses
de toutes natures sont soumises à une loi universelle qu’on peut
appeler La loi des grands nombres ». Cette loi tellement logique
révèle curieusement, à bien y réfléchir, une sorte d’ordre naturel
du monde, laissant à penser que le hasard n’existe pas vraiment
en définitive (ou se cantonne tout au plus dans les expériences
isolées ou peu nombreuses).
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