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Il existe aujourd’hui
un consensus dans le secteur marchand sur l’importance
de la satisfaction des clients. En effet, l’impact
entre satisfaction et fidélité d’une part et fidélité
et rentabilité d’autre part ont été prouvés par
plusieurs études, même s’ils n’avaient pas besoin
de l’être, tellement ils semblent évidents. Car,
comme nous l’avons tous expérimenté (du côté fournisseur
ou du côté client), un client mécontent a tendance
à communiquer beaucoup plus sur son insatisfaction
qu’un client content ne le fait sur sa satisfaction.
De plus, il est clair qu’il est bien plus difficile
et beaucoup plus coûteux de gagner de nouveaux
clients que de conserver les anciens.
Une
enquête de satisfaction, pour quoi faire ?
L’enquête de satisfaction est l’outil idéal pour
recueillir de manière objective l’avis des clients
sur les produits et services de la société. Ces
remontées permettent d’identifier des priorités
d’amélioration et de les hiérarchiser pour agir
efficacement sur les sources d’insatisfaction.
Le suivi dans le temps des perceptions permet
de valider la pertinence des actions et de les
ajuster. L’objectivité de ces mesures doit aboutir
notamment à la sensibilisation du personnel et
encourager sa participation aux actions d’amélioration.
L’enquête de satisfaction s’inscrit donc dans
la logique d’amélioration continue selon les principes
de la boucle du PDCA (Plan, Do, Check, Act), en
permettant d’abord d’orienter la politique qualité
(Plan) puis de vérifier l’atteinte des objectifs
(Check). Les nouvelles normes ISO prennent clairement
acte de l’importance de ces enquêtes, en intégrant
la mesure de la satisfaction de la clientèle dans
le référentiel ISO 9001 (2000). Cette mesure est
essentielle dans le cadre du principe d’amélioration
continue qui est au cœur-même de la révision des
ISO 9000, puisqu’il est clairement exprimé, sous
forme d’exigence. Bien entendu, l’enquête de satisfaction
n’est pas la seule source d’informations sur les
attentes des clients. Elle doit s’inscrire dans
un dispositif plus large permettant d’aprécier
la qualité des produits et services fournis par
rapport aux besoins du marché. Ce dispositif peut
comporter notamment :
- l’analyse des suggestions et réclamations de
la clientèle,
- l’analyse des informations détenues par le personnel
la veille concurrentielle et l’écoute du marché
et de ses évolutions,
- le suivi des indicateurs de résultats tels l’évolution
du nombre de clients,
- le CA par client, le taux de réachat, le rapport
entre le nombre de nouveaux clients pris à la
concurrence et ceux qui partent à la concurrence...
Les
exigences des nouvelles normes ISO 9001
Les nouvelles normes instaurent différentes exigences
liées à la satisfaction des clients. En amont,
elles imposent :
- l’engagement de la direction qui doit communiquer
en interne sur l’importance à satisfaire les exigences
des clients et s’assurer que ces exigences sont
identifiées et respectées,
- la nomination par la direction d’un membre de
l’encadrement, ayant la responsabilité et l’autorité
pour assurer que la sensibilisation aux exigences
du client est encouragée en interne,
- la détermination et la mise en place des ressources
nécessaires pour accroître la satisfaction des
clients en respectant leurs exigences,
- la détermination des exigences spécifiées par
le client (y compris celles relatives à la livraison
et au SAV) et les exigences non formulées par
le client mais nécessaires pour l’usage spécifié
ou prévu du produit ou du service.
En aval, les nouvelles normes exigent :
- le suivi de la perception du client sur le niveau
de satisfaction de ses exigences. Il convient
pour cela de déterminer des méthodes permettant
d’obtenir et d’utiliser ces données.
- l’analyse des données recueillies sur la satisfaction
du client, pour démontrer la pertinence du système
de management de la qualité et évaluer les moyens
d’améliorer son efficacité.
Les
principales phases d’une enquête de satisfaction
La réalisation d’une enquête de satisfaction correspond
souvent à un investissement important en temps
et en argent. Dans les normes ISO, on conseille
d’ailleurs de mettre en place une véritable équipe
de projet transverse à l’organisation qui prendra
en charge le management spécifique de l’enquête.
Dans le même temps, il faut signaler que cette
équipe n’est souvent pas la mieux placée pour
proposer et mettre en place les actions d’amélioration,
dans la mesure où l’implication du personnel concerné
par les améliorations est indispensable.
La préparation du projet
La première étape du projet consiste à clarifier
les objectifs de l’enquête, les résultats attendus
et le champ d’investigation. Cette étude préalable
est formalisée dans un cahier des charges où seront
indiqués :
- les éléments à évaluer : il peut s’agir de mesurer
la satisfaction sur l’ensemble des produits et
services ou bien sur un élément particulier (qualité
de l’accueil, SAV...)
- la cible de l’enquête : elle peut s’étendre
à l’ensemble des clients ou concerner seulement
certains d’entre eux (les nouveaux clients, les
clients perdus...) voire des prospects ou des
non-clients (clients de la concurrence...).
- les modalités de réalisation envisagées : vous
pouvez envisager d’interroger vos clients par
téléphone, par questionnaire auto-administré (distribué
sur le lieu de vente, remis avec le produit, adressé
par courrier...) ou en face à face (sur le lieu
de vente, à domicile, dans la rue...).
Cette dernière option est généralement moins utilisée
en raison de son coût plus élevé. Lors de cette
phase de préparation, il est important d’anticiper
la manière dont les résultats vont ensuite donner
lieu à des actions concrètes :
- Il convient de ne retenir parmi les éléments
à évaluer que ceux sur lesquels il sera possible
d’agir. Ainsi, il est pertinent pour une station
de ski de savoir si ses infrastructures sont satisfaisantes.
En revanche l’évaluation du niveau de satisfaction
des skieurs par rapport à l’ensoleillement l’est
moins.
- Si l’objectif est de réaliser des mesures répétées
dans le temps, il ne faut retenir que les éléments
qui resteront pertinents lors des vagues d’enquêtes
suivantes. Ainsi, un baromètre ne peut faire référence
à une action spécifique limitée dans le temps.
- Il est utile de penser déjà aux modes d’implication
du personnel dans l’opération afin de s’assurer
une bonne mise en oeuvre des recommandations futures
issues des résultats de l’enquête. Cette implication
peut être encouragée par l’information sur le
projet et la participation des différents services
à la formalisation des objectifs.
L’exploration des attentes
Le cahier des charges défini dans la phase préparatoire
doit servir à créer le questionnaire de satisfaction.
Les éléments à évaluer doivent être traduits en
critères précis que l’on demandera aux clients
d’évaluer. Généralement, cette étape se traduit
par la réalisation d’une enquête qualitative sur
un petit nombre de clients des différents segments
concernés, pour mettre en évidence les critères
d’évaluation pertinents de leurs points de vue.
Il peut s’agir d’entretiens individuels ou de
réunions de groupe.
Les résultats de l’enquête qualitative permettront
de rédiger le questionnaire de la phase quantitative.
Ce dernier devra comporter essentiellement des
questions fermées proposant une liste de réponses,
une échelle d’évaluation en plusieurs points,
une note à attribuer. On peut proposer des questions
ordonnées où l’interviewé devra classer des items
mais l’expérience montre qu’elles sont mal comprises
et mal remplies, surtout en mode auto-administré.
Il est conseillé également de proposer très peu
de questions ouvertes (en général une à la fin)
car leur exploitation est longue, coûteuse et
parfois inutile. La présence de beaucoup de questions
ouvertes dans certains questionnaires laisse supposer
que leur concepteur est débutant en la matière
ou que la phase qualitative en amont n’a pas été
réalisée correctement.
Dans la formulation des questions il est conseillé
d’utiliser des mots simples et clairs, en utilisant
le vocabulaire employé par la population interrogée.
Les questions doivent êtres courtes, avec un thème
abordé à la fois. Leur formulation ne doit pas
influencer le répondant (bannir les formules comme
“Ne pensez-vous pas que...”).
Avant de passer à la phase suivante, il convient
de définir précisemment l’échantillon à interroger
(à moins que l’on n’ait décidé d’interroger tous
les clients). Pour que l’échantillon soit représentatif,
il faut qu’il ait été prélevé dans le fichier
des clients concernés par l’enquête de manière
aléatoire ou selon des quotas liés à des critères
caractéristiques (âge, sexe, csp, région...).
En ce qui concerne la taille de l’échantillon,
plus on interroge des personnes plus les résultats
sont fiables. Toutefois, l’amélioration de la
fiabilité n’est pas proportionnelle à l’augmentation
de la taille : un échantillon de 600 personnes
n’est pas 2 fois plus fiable qu’un échantillon
de 300. Ainsi, lorsque l’on trouve 80% de satisfaits
en interrogeant 100 personnes nous avons 95% de
chances que le taux de satisfaits chez tous nos
clients soit compris entre 72% et 88%, soit une
marge d’erreur de +/-8%. Cette marge est de +/-
5,7% si l’on interroge 200 personnes et de +/-
3,6% si l’on en interroge 500. Certains logiciels
d’enquêtes comme Ethnos permettent de définir
la taille optimale de l’échantillon en fonction
de la finesse souhaitée.
L’administration du questionnaire
A ce stade l’échantillon est défini et le contenu
précis du questionnaire est connu. Il convient
de créer le support en fonction du mode d’administration
choisi.
S’il s’agit de questionnaires papier, auto-administrés
ou remplis en face à face, il est possible de
prévoir une mise en page permettant la lecture
optique des questionnaires remplis.
Des logiciels spécialisés comme OMR Manager génèrent
automatiquement ce type de mise en forme.
Si le questionnaire doit être réalisé au téléphone,
on peut avoir recours à des systèmes CATI (Computer
Assisted Telephone Interview) comme Catiopée,
qui permettent de distribuer les appels sur plusieurs
télé-enquêteurs, de gérer les rendez-vous de rappel...
Toutefois, l’acquisition de tels outils ne se
justifie que pour une utilisation permanente ou
très fréquente. Pour des opérations ponctuelles,
certains logiciels d’enquêtes comme Ethnos peuvent
les remplacer avantageusement grâce à une interface
de saisie très claire, qui permet d’entrer les
réponses au téléphone. Ce produit permet aussi
de générer des disquettes de saisie autonomes
en nombre illimité, ce qui autorise plusieurs
télé-enquêteurs à appeller en même temps.
Quel que soit le mode d’enquête choisi, il est
bien entendu vivement conseillé de tester le questionnaire
avant de valider définitivement les supports de
l’enquête.
L’analyse des résultats
Si les réponses ont été collectées sur papier,
les questionnaires doivent être saisis manuellement
ou par lecture automatique dans un logiciel d’enquêtes
adapté. Les logiciels d’analyse de données permettent
d’obtenir rapidement les tris à plat (tri sur
une question) et croisés, pour mettre en évidence
les répartitions des réponses sur les différents
items.
Certains outils comme le logiciel Ethnos déjà
cité plus haut, permettent même de générer des
plans de tris automatiques et de présenter les
résultats obtenus dans des rapports finaux de
qualité. Ils autorisent également la comparaison
facile des données issues de différentes vagues.
L’étape de mise en forme des résultats est très
importante pour optimiser la communication interne
sur les enseignements de l’étude et la
transformation
des observations en actions et en objectifs concrets
et chiffrés d’amélioration de la satisfaction.

Déclaration
Cnil :
Si l’enquête est nominative,
vous êtes tenus de la déclarer à la CNIL. Le formulaire
de déclaration est disponible sur le site www.cnil.fr.
Vous devez également indiquer dans le questionnaire
que “Vos réponses sont facultatives et le défaut
de réponse est sans conséquence. Conformèment
à la loi “Informatique et Libertés”, vous disposez
d’un droit d’accès et de rectification des informations
vous concernant à l’adresse suivante : ...”.
Ces obligations ne s’appliquent pas pour les enquêtes
non nominatives.
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