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Que peut-on attendre aujourd'hui très
concrètement en matière d'analyse
de questions ouvertes ?
De
lutilisation de questions ouvertes
Les études marketing se répartissent
en deux grandes catégories : les enquêtes
qualitatives et les enquêtes quantitatives.
La première catégorie désigne
plutôt les observations recueillies lors
de tables rondes ou d'entretiens semi-directifs
en face à face ou, plus rarement, au téléphone.
Ces études concernent généralement
un petit nombre d'interviewés (quelques
individus à quelques dizaines d'individus
tout au plus) et servent le plus souvent à
préparer des études quantitatives
ultérieures en dégageant les thèmes
d'intérêt, la terminologie employée
par la population cible, etc.
L'information recueillie est généralement
très peu structurée et correspond
à l'expression des interviewés sur
des thèmes initiés par l'enquêteur
mais traités ensuite librement par les
individus ou les groupes interrogés.
Les études quantitatives, elles, concernent
un plus grand nombre d'interviewés (plusieurs
centaines jusqu'à plusieurs dizaines de
milliers parfois) et s'attachent à recueillir
leurs réponses à des questions précisément
définies. L'objectif est de connaître
la répartition de la population interrogée
par rapport aux différentes réponses
proposées.
La
technique du «truffage»
Les études quantitatives conçues
par les professionnels comportent généralement
très peu de questions ouvertes. En revanche,
les questionnaires réalisés par
les débutants en matière d'enquêtes
en regorgent. Ainsi, n'est-il pas rare de voir
des questionnaires qui proposent à chaque
question fermée, une question ouverte intitulée
«Pourquoi ?» ou «Commentez :»,
censée permettre aux interviewés
de s'exprimer librement. Ces questions rassurent
le concepteur de l'enquête en lui faisant
croire qu'il évite ainsi le risque de rater
des informations essentielles qu'aurait eu à
lui donner la personne interrogée.
En réalité, ce type de «truffage»
est contre-productif à plusieurs titres
:
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Les questions
ouvertes systématiques révèlent
un manque de préparation de l'enquête
et un manque de précision dans les
objectifs. Leur utilisation diminue la pertinence
générale du questionnaire :
les questions fermées sont traitées
avec moins de soin et d'esprit d'exhaustivité
que nécessaire, puisque la présence
des questions ouvertes est censée ramener
quand même l'information que l'on a
oubliée d'aller chercher dans la partie
fermée du questionnaire. |
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Les questions
ouvertes rallongent considérablement
l'administration du questionnaire en face
à face ou au téléphone
(écriture ou frappe des réponses).
Les enquêteurs sont parfois tentés
de raccourcir ou de résumer, pas toujours
de manière pertinente, les réponses
exprimées. |
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Lorsque
le questionnaire est rempli manuellement par
un enquêteur ou, pire encore, en auto-administré
par la personne interrogée, la saisie
des réponses manuscrites s'avère
souvent fastidieuse en raison d'écritures
parfois illisibles. Les risques d'erreurs
sont ainsi multipliés. |
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Le taux
de réponse aux questions ouvertes systématiques
est généralement extrêmement
faible (de l'ordre de 10%).
Il n'est pas rare que les réponses
exprimées soient hors sujet, mal formulées
(voire incompréhensibles) ou encore
sans contenu (ex : «Rien à signaler»). |
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En résumé,
l'utilisation fréquente de questions
ouvertes «générales»
dans les études quantitatives, loin
d'apporter une information essentielle, génère
des pertes de temps importantes et se traduit
même parfois par la perte d'informations
qu'il aurait été plus simple
d'obtenir en structurant mieux le questionnaire. |
Le
recueil pertinent d'informations complémentaires
La description ci-dessus ne doit pas laisser croire
que le recueil d'informations ouvertes n'a aucune
place dans les enquêtes qualitatives. Simplement,
les questions ouvertes doivent être utilisées
à bon escient, souvent dans l'objectif
d'achever de structurer l'information.
Ainsi, lorsque l'on propose une liste d'items
(marque utilisée, magasin fréquenté,
caractéristique recherchée, pays
d'origine), le fait de proposer une réponse
«Autre, préciser
» permet
de collecter des items complémentaires
non prévus initialement. La liste initiale
est généralement incomplète
parce qu'il était impossible de balayer
a priori tout l'univers des réponses possibles.
Dans ce cas, la question est semi-ouverte (ou
semi-fermée). Les bons logiciels denquêtes
permettent de gérer lajout dynamique
des nouvelles réponses lors de la saisie.
Cette fonctionnalité est appelée
«Enrichissement». Une réponse
ainsi ajoutée sera proposée lors
de la saisie du questionnaire suivant et pourra
être cochée. Cela accélère
la saisie et évite de retaper des libellés
identiques avec des orthographes différentes.
Le codage se fait en quelque sorte en direct et
les questions ainsi enrichies peuvent être
traitées comme les autres questions fermées.
Bien entendu, il est généralement
possible de revoir les réponses ajoutées
pour procéder éventuellement à
un regroupement avant le traitement.
Du
traitement spécifique des questions ouvertes
Vous lavez compris, nous vous conseillons
vivement de limiter lusage des questions
ouvertes dans vos enquêtes.
Toutefois, lorsque vous en avez une ou plusieurs
à traiter, les outils denquêtes
du marché peuvent vous apporter de laide,
même si certains produits promettent plus
quil ne peuvent tenir.
Avoir
les idées claires
Quel est lobjectif du chargé détudes
confronté au dépouillement dune
question ouverte ?
Cest bien sûr de faire ressortir le
maximum dinformations. Mais si lon
en reste là, on est susceptible dêtre
séduit par des approches théoriques
mélangeant la statistique avec des notions
de linguistique et de sémantique.
Certains éditeurs de logiciels jouent dailleurs
avec les mots en baptisant leurs méthodes
«Analyse sémantique», «lexicale»,
ou «de contenu». Lutilisation
dans les interfaces de termes comme «corpus»,
«réseaux sémantiques»
et autre «lemmatisation» achève
lillusion en donnant à penser que
le logiciel sera capable dextraire automatiquement
le sens des réponses obtenues.
Or il nexiste pas aujourdhui de logiciel
capable de comprendre le sens réel des
réponses aux questions ouvertes. Les outils
denquêtes sont capables de compter
la fréquence de citation des mots, de les
regrouper en expressions, de repérer les
formes grammaticales, les négations, etc...
Ils peuvent fournir des représentations
graphiques de réseaux de mots reliés
entre eux selon des fréquences dassociation
dans les phrases.
Mais une fois que lon a fait tout cela,
on se retrouve au final avec un magma dinformations,
comparable à celui que lon avait
au départ.
Un
traitement «concret»
En réalité, au delà de la
manipulation des concepts linguistico-statistiques,
lobjectif est darriver à «coder»
les réponses aux questions ouvertes, pour
pouvoir les utiliser conjointement aux autres
variables, dans les analyses statistiques.
Une fois que lon a pris conscience que loutil
informatique ne peut pas arriver sans intervention
humaine à un codage pertinent, on recherchera
les logiciels qui apporteront une aide concrète
au chargé détude (utile pour
un bon nombre dannées encore !).
Certains outils offrent pour cela des fonctionnalités
très intéressantes basées
sur la démarche suivante :
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affichage
de la liste des réponses textuelles
obtenues, en les classant selon différents
critères (présence de certaines
expressions par exemple), |
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création
dynamique dune question qualitative
correspondante, avec possibilité de
lui ajouter des modalités nouvelles
en fonction des thèmes trouvés
en parcourant les réponses à
la question ouverte, |
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possibilité
dassocier la réponse textuelle
aux modalités de réponses.
A ce titre, il est indispensable que lon
puisse effectuer lassociation de chaque
texte à plusieurs modalités,
pour quune réponse qui porte
sur plusieurs thèmes puisse être
correctement recodée. La question de
recodage sera donc obligatoirement multiple. |
Les meilleurs produits permettent
deffectuer ces opérations de manière
visuelle, en glissant à la souris les réponses
dans les modalités et en enrichissant de
manière dynamique la liste de réponses.
Ils offrent également des outils pour faciliter
la circulation dans les textes de réponses,
permettant de masquer les phrases déjà
affectées ou de repérer automatiquement
celles qui comportent certains mots.
Au final, le chargé détude
disposera dune variable recodée,
vraiment utilisable dans les analyses statistiques,
au prix de quelques efforts.
Dans ce domaine comme dans bien dautres,
linformatique apporte donc une aide réelle
à condition de rester concret et de ne
pas céder à la tentation de la pensée
magique.
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