A l'instar des entreprises
et leur dynamique marketing, le temps est venu de donner la parole
non plus au client Roi mais au patient Roi.
C'est en tout cas ce qui semble se profiler au travers du processus
d'accréditation de l'ANAES, qui s'impose désormais
à tous les établissements de santé en France.
L'accréditation
en milieu médical
L'ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation
en Santé) est un organisme chargé d'établir
l'état des connaissances en matière de stratégies
diagnostiques et thérapeutiques en médecine, et de
contribuer à l'amélioration de la qualité et
de la sécurité des soins à l'hôpital
et en médecine libérale. Cette agence conduit différentes
évaluations sur les pratiques professionnelles, des formations
à l'audit clinique, des programmes d'amélioration
de la qualité.
L'accréditation, dont l'ANAES a la responsabilité,
en application de l'ordonnance du 24 avril 1996, est une procédure
d'évaluation externe à un établissement de
santé, effectuée par des professionnels indépendants.
Elle a pour objectif d'évaluer l'ensemble du fonctionnement
et des pratiques de l'établissement . Elle vise à
assurer la sécurité et la qualité des soins
donnés au malade et à promouvoir une politique de
développement continu de la qualité au sein des établissements
de santé.
L'accréditation s'impose aujourd'hui à tous les établissements
de santé publics et privés soit plus de 3000 établissements
en France. Elle s'inscrit dans une logique de progrès d'un
établissement de santé et accorde une place centrale
au patient, à son parcours, à la coordination des
soins qui lui sont apportés, à sa satisfaction.
Elle correspond à 6 objectifs principaux :
- L'appréciation de la qualité et de la sécurité
des soins,
- L'appréciation de la capacité de l'établissement
à améliorer de façon continue la qualité
des soins et la prise en charge globale du patient,
- La formulation de recommandations explicites,
- L'implication des professionnels à tous les stades de la
démarche qualité,
- La reconnaissance externe de la qualité des soins dans
les établissements de santé,
- L'amélioration continue de la confiance du public.
La procédure d'accréditation
requiert de chaque établissement une auto-évaluation
avec transmission des résultats à l'ANAES. C'est cette
étape qui se traduit principalement par la mise en place
de Baromètres et d'enquêtes de Satisfaction auprès
des patients et qui concerne toutes les structures (services, départements...)
et activités. C'est pourquoi on peut rapprocher cette démarche
de celles menées par de nombreuses entreprises et administrations,
l'objectif étant d'apporter une totale satisfaction au patient,
qui se retrouve ainsi au centre du processus de qualité et
d'amélioration.
On peut d'ailleurs noter que beaucoup d'établissements n'avaient
pas attendu les directives liées à l'accréditation
pour mettre en place, depuis plusieurs années déjà,
des baromètres de satisfaction des patients, des enquêtes
sur l'environnement du malade pendant son séjour (restauration,
services...), des questionnaires de sortie, des enquêtes téléphoniques
après la sortie mais aussi, des enquêtes internes auprès
du personnel visant à faire remonter les informations susceptibles
d'améliorer le service aux patients...
La mise en place du système
denquêtes
Généralement, les personnes chargées de laccréditation
au sein des établissements ne connaissent pas particulièrement
les outils et les techniques denquêtes.
Le contexte particulier que constitue lunivers des patients
rend plus délicat la sous-traitance de l'enquête à
des cabinets d'études traditionnels. Les budgets disponibles
pour cette activité dinvestigation sont également,
de manière générale, assez limités.
On comprend alors les difficultés des responsables de laccréditation,
qui doivent assurer la mise en place dun système permettant
de fournir régulièrement des indicateurs sur les différents
critères concernant la satisfaction des patients.
Le plus souvent, ces personnes choisissent de démarrer de
manière artisanale, et avec les logiciels bureautiques habituels,
différents petits questionnaires. Le questionnaire est rédigé
sur traitement de textes (avec en général plus de
questions ouvertes que dindicateurs quantitatifs). La saisie
est effectuée sur tableur et les statistiques calculées
tant bien que mal à laide de tableaux croisés
dynamiques.
Le souci à court terme est de montrer aux experts-visiteurs
de lANAES que la problématique de lévaluation
de satisfaction est bien prise en compte.
Mais très rapidement, les limites dune telle approche
se manifestent.
On se rend compte que la démarche ne fournit pas vraiment
des indicateurs synthétiques suivis dans le temps et capables
dinspirer de véritables améliorations, dautant
plus que lon arrive difficilement à systématiser
et à pérenniser les enquêtes.
Lorsque des efforts sont fait dans ce sens, le caractère
rébarbatif de la saisie se manifeste rapidement. Les piles
de questionnaires non saisis saccumulent inexorablement.
Parallèlement, le recours aux tableurs pour lanalyse
des résultats génère des lourdeurs qui finissent
par lasser les utilisateurs. Les opérations répétitives
pour calculer les tableaux de répartition puis reprendre
les résultats dans des présentations graphiques à
retoucher puis à replacer dans un rapport entrainent à
chaque fois de longues manipulations.
Avec un peu de recul, la plupart des responsables finissent par
rechercher une aide :
- soit pour sous-traiter la gestion logistique des enquêtes,
tout en conservant la gestion dans létablissement de
la passation et de la distribution des questionnaires.
- soit pour séquiper doutils spécialisés
permettant dautomatiser le processus.
Concernant ce dernier point, on peut dire quil existe maintenant
sur le marché des offres très adaptées et de
bon rapport qualité/prix.
Lautomatisation du
processus denquêtes
La problématique des enquêtes en milieu hospitalier
est bien cadrée : il faut distribuer ou faire remplir en
face à face des questionnaires papier, les récupérer,
les saisir et sortir à fréquence régulière
des résultats à jour.
Les techniques denquêtes en ligne (CAWI) ou par téléphone
(CATI) semblent mal adaptées au contexte.
Etant donné que le patient est présent physiquement
dans létablissement, la distribution du questionnaires
ou son administration en face à face ne posent généralement
pas beaucoup de difficultés. Bien entendu, cela nécessite
quand même des efforts dorganisation notamment dans
le cadre dun processus répétitif et lorsque
les questionnaires doivent être renvoyés par le patient
après quil ait quitté létablissement.
La lecture automatique des questionnaires
En ce qui concerne le point noir de la saisie des questionnaires,
de nombreux établissements lont solutionné par
un recours aux procédés de la lecture optique.
Il existe pour cela deux techniques : lOMR (Optical Mark Reading)
et le SCAN.
La première est une technique connue de longue date dans
les hôpitaux qui y ont souvent recours dans le cadre du traitement
des demandes danalyses. Elle utilise des matériels
robuste mais assez coûteux, qui permettent de lire les questionnaires
à des vitesses allant jusquà 7.000 documents
recto-verso à lheure ! Ces matériels peuvent
intégrer une imprimante (pour numéroter ou dater les
questionnaires lus), un lecteur de code-barres (pour lire des étiquettes
didentification du service par exemple), un bac de rejet (pour
écarter les questionnaires mal remplis et les reprendre ultérieurement),
etc. Vu leur prix (de 6 K€ à 20 K€), ces matériels
ne se justifient que dans les grands établissements (souvent
équipés par ailleurs de ce type de matériels).
La deuxième technique fonctionne avec des scanners traditionnels
ou, mieux, avec des modèles rapides intégrant un chargeur
de documents (50 à 100 feuilles) et la possibilité
de lecture en recto-verso. Par rapport aux lecteurs optiques, les
scanners sont bien moins rapides mais suffisent généralement
pour les applications envisagées.
Les deux technologies nécessitent, pour un fonctionnement
optimal, des documents conçus de manière spécifiques
pour la lecture, avec des marques de repérage. Des logiciels
comme OMR Manager sont capables de mettre en forme de tels questionnaires
puis de piloter leur lecture automatique.
Il faut signaler que ces technologies ne permettent de reconnaître
que les cases cochées et pas les textes libres. Si on utilise
un scanner, ces derniers peuvent être stockés sous
forme dimages pour être re-saisis par la suite.
Lautomatisation du reporting
Lautre point noir dans le processus est la production des
résultats. Si lon arrive à obtenir de manière
fastidieuse quelques indicateurs à laide dun
tableur, il existe sur le marché des outils plus spécialisés,
permettant de simplifier et daccélérer le processus.
Ainsi, un logiciel comme ETHNOS qui sait dailleurs traiter
directement les fichiers lus optiquement, est capable de fournir
en quelques clics des tableaux et des graphiques de grande qualité.
Les indicateurs peuvent être présentés de manière
dynamique dans un rapport qui se recalcule à chaque nouvelle
vague denquête.
Cest seulement avec un tél équipement adapté
que les personnes chargées de mettre en place les enquêtes
liées à laccréditation, pourront atteindre
avec succès cet objectif ambitieux, au service du patient
considéré enfin comme un client.
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