Empruntons
tout dabord quelques définitions au Petit Larousse
Illustré :
La Déontologie est la science qui traite des
devoirs à remplir.
LEthique est la science de la morale et de ses
principes.
Quant à la Morale, cest la science qui
enseigne les règles à suivre pour faire le bien et
éviter le mal.
Parmi de nombreuses acceptions du terme, la Qualité
se définit comme la supériorité, l'excellence
en quelque chose. La qualité n'est pas obtenue à
10 sur 20 mais à 20 sur 20. Dans le courant mondial de promotion
de la qualité, en production industrielle comme en production
de services intellectuels, la qualité se mesure à
la satisfaction totale du client.
Enfin, les Lois simposent aux personnes physiques et
morales qui sont supposées les connaître
et les respecter. Depuis très peu de temps, quelques
unes concernent directement ou indirectement les études.
C'est l'exigence de la
qualité qui fonde la déontologie.
Dans le domaine des études l'obtention de la qualité
repose bien évidemment sur de nombreuses conditions «
techniques ou scientifiques » telles que la pertinence de
la conception, la bonne application des règles mathématiques
dans la construction de l'échantillon, la qualité
du questionnaire (longueur, compréhension, choix des réponses),
la pertinence et la rigueur des méthodes statistiques d'analyses
des résultats, l'intelligence des interprétations.
En amont de ces conformités à l'état de l'art
des études, la recherche de données repose sur un
certain nombre de conditions plus « morales » que techniques
:
- la clarté du cadre posé et des questions (être
compréhensible et sans ambiguïté),
- le volontariat de la personne interrogée,
- la loyauté de l'enquêteur et de l'interviewé,
- le respect de l'interviewé,
- l'assurance donnée de la seule utilisation statistique
des données et du respect de la confidentialité.
Ces conditions morales permettent
l'établissement et le maintien de la confiance du Public.
L'introduction du code CCI/ESOMAR le rappelle parfaitement.
« Les études reposent sur la confiance du public :
confiance dans le fait qu'elles sont réalisées en
toute honnêteté, en toute objectivité, sans
que les répondants soient importunés ou éprouvent
une gêne et qu'elles sont fondées sur leur collaboration
volontaire. Cette confiance doit pouvoir s'appuyer sur un code de
Déontologie approprié qui régisse la manière
dont les études de marché doivent être réalisées
».
Historiquement, la déontologie
professionnelle a précédé la loi.
ESOMAR d'abord, en 1948
Le premier code ESOMAR des praticiens des études, devenu
code conjoint CCI/ESOMAR, a été publié en 1948.
Fondée par 29 personnalités du monde des Etudes, ESOMAR
compte aujourd'hui 4000 membres individuels dans 100 pays. La qualité
de membre d'ESOMAR est accessible à toute personne activement
impliquée ou réellement concernée par les sciences
du marketing, des études de marché et d'opinion à
un niveau international, sous réserve de cet engagement :
Tout membre individuel d'ESOMAR et les directions des instituts
d'études doivent s'engager par écrit à se conformer,
dans la politique personnelle et collective de leur métier,
au Code International de pratiques loyales en matière d'études
de marché et d'opinion conjointement édicté
par ESOMAR et la CCI en 1976.
L'un des objectifs majeurs d'ESOMAR est l'institution de codes complémentaires
et spécifiques à des techniques émergentes,
des marchés particuliers ou encore adaptés à
des contextes nouveaux. On en compte ainsi 8 dont les derniers en
date ou en révision concernent les études via internet
et les études de satisfaction.
Une loi en France impacte le secteur des études en
1978
En France, trente ans après le Code ESOMAR sort la loi de
1978, dite « Loi Informatique et libertés » qui
interdit les connexions de fichiers contenant des données
personnelles, régule leur création et installe une
autorité de contrôle (la CNIL) chargée de la
protection de l'individu face aux effets éventuellement dommageables
pour lui du traitement de données le concernant existant
dans des fichiers et de leur transmission possible.
Cette loi édicte plusieurs principes : la protection de la
vie privée, les droits dévolus à la personne
concernée d'accéder, de s'opposer, de rectifier les
données personnelles contenues dans les fichiers.
Cette loi a un historique tout à fait particulier sinon une
petite histoire puisqu'elle fait suite à une initiative de
l'INSEE d'informatiser le répertoire d'identification et
le numéro national d'identité de tous les Français,
concomitante à la mise en uvre d'un ordinateur très
puissant au Ministère de l'Intérieur. L'absence de
débat au parlement et le déchaînement des médias
ont imposé le lancement de travaux sur le développement
de l'informatique dans les secteurs publics, semi-publics et privés.
La loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers
et aux libertés, visait essentiellement la régulation
des relations entre l'administration et les citoyens, ne visait
donc pas les fichiers constitués par la collecte de données
en Etudes, mais a néanmoins impacté le secteur.
Elle a créé des obligations différentes pour
la statistique privée et pour la statistique publique, dont
le lancement d'une étude est soumis à un avis préalable
de la CNIL, qui a, par acte réglementaire un pouvoir de contrôle
a priori.
Suite à une demande de SYNTEC en 1982, les instituts d'études
privés sont autorisés à faire à la CNIL,
une déclaration annuelle simplifiée des types d'études
réalisées et qui couvre donc toute l'activité
sauf les sujets concernant « les opinions politiques, philosophiques
ou religieuses faisant apparaître des origines raciales ou
les appartenances syndicales ».
Pour les Etudes, la loi de 78 n'a apporté aucune innovation
déontologique, a créé des obligations administratives
et législatives en décalage notoire avec la réalité
de la pratique déjà conforme à la déontologie.
Elle a bien sûr nécessité des délibérations
complémentaires qui n'ont pas toutes éclairé
le débat.
L'effet pervers du juridisme a notamment pris toute sa dimension
avec les délibérations qui donnaient aux hommes politiques
cités dans un sondage le droit de connaître les résultats
du sondage commandé et payé par leur concurrent !
Il n'a pas moins fallu que le Conseil d'Etat pour casser cette étonnante
absurdité.
Restent une extension possible et dangereuse du droit de regard
de la CNIL, donc d'une autorité administrative, sur la finalité
des études marketing et le passage du concept de protection
des données personnelles à celui de protection de
la tranquillité de la vie privée.
La Directive européenne
en 95, propose un tout autre regard
La transposition en droit français de la Directive européenne
du 24 octobre 1995, dite « Data privacy », («
relative à la protection des personnes physiques à
l'égard du traitement des données à caractère
personnel et à la libre circulation de ces données
»), restait en France, le grand espoir de la statistique publique.
Ce texte traite bien de la protection des données personnelles,
mais il est non défensif, pro-actif, essentiellement orienté
vers le bon développement des traitements informatisés
de données à caractère personnel dans des buts
statistiques et d'études.
La Directive a pour objectif la libre circulation des données
dans un cadre de protection. Radicalement différente de la
loi française dans ses considérations, elle pose en
premier lieu l'intérêt des traitements statistiques
: « considérant que les systèmes de traitement
des données sont au service de l'homme ; qu'ils doivent quelle
que soit la nationalité ou la résidence des personnes
physiques, respecter les libertés et les droits fondamentaux
de ces personnes, notamment la vie privée et contribuer au
progrès économique et social, au développement
des échanges ainsi qu'au bien être des individus
»
Elle encourage les Etats Membres à reconnaître, ou
élaborer des codes de conduites professionnelles, nationaux
ou communautaires. La Directive devait être transposée
en droit français au plus tard le 24 Octobre 1998. Quatre
ans plus tard, malgré un rapport éclairant du sénateur
Braibant au Premier Ministre en 1998, la France ne bénéficie
toujours pas de ce texte intelligent.
La Déontologie dans
les Etudes est fondée sur deux grands principes :
La confidentialité et le respect de l'anonymat
« Les études de marché diffèrent des
autres formes de collectes de données du fait que l'identité
de celui qui fournit l'information n'est pas révélée.
Les banques de données marketing et toutes les activités
où les noms et les adresses des personnes contactées
sont destinées à être utilisées pour
la vente, la promotion, la collecte de fonds ou autres activités
non liées aux études de marché ne peuvent en
aucun cas être considérées comme des études
de marché, celles-ci étant basées sur la préservation
du complet anonymat du répondant ».
Code CCI / ESOMAR - définition a
Les exigences pratiques de ce premier principe sont les suivantes
:
- Sécuriser et protéger matériellement les
données,
- S'engager au respect dune totale confidentialité
pour tout le personnel,
- Ne pas réutiliser les données, sans accord du répondant,
- Ne pas les communiquer à qui pourrait en faire autre chose,
- Ne pas traiter les données en unités statistiques
telles qu'un individu puisse être identifié,
Au sein de SYNTEC Etudes Marketing et Opinion, les instituts ont
créé :
Des consignes (téléphonique, face-à-face, internet)
qui expliquent le pourquoi de l'étude et l'identité
du praticien,
Des cartes d'identité des enquêteurs qui mentionnent
le nom de l'institut et le nom du syndicat,
Une fiche d'informations à laisser aux répondants
précisant encore :
-l'engagement au secret professionnel,
-le respect de l'anonymat des réponses,
-le fait que l'identité n'est relevée qu'à
des fins de contrôle de l'enquêteur,
-l'absence de réutilisation à des fins commerciales,
-lexplication des « droits » d'accès au
sens de la loi Informatique & Libertés.
L'utilisation statistique
et la vocation scientifique
Ce deuxième grand principe doit être respecté
en même temps que le premier. Les données personnelles
deviennent anonymes pour constituer les résultats statistiques
globaux.
« Le praticien doit s'assurer que l'information ne sera pas
utilisée à des fins autres que d'études et
que le destinataire de l'information a accepté de se conformer
aux dispositions de ce code »
Code CCI / ESOMAR - règle B 4b
« Le terme études de marché inclut les études
quantitatives, les études qualitatives, les études
média et publicitaires, les études auprès des
entreprises et les études industrielles, les études
auprès des cibles rares ou particulières, les sondages
d'opinion et les études documentaires ».
Code CCI / ESOMAR - définition a
Dans les Etudes, c'est
le respect de la déontologie qui permet d'éviter les
contrefaçons
L'étude vise le recueil de données dont les analyses
statistiques et les interprétations de contenu consolideront
la stratégie marketing d'un produit, d'une société.
Elle est réalisée par un questionnement direct ou
via un enquêteur auprès de personnes dont l'anonymat
est préservé, même si leur identité est
relevée à des fins de contrôle. Relevé
n'est pas révélé ! Seules les données
interprétées, consolidées, donneront du sens
à l'étude.
L'étude se différencie donc très clairement
des investigations (d'un questionnaire-santé, en banque ou
assurance par exemple), du questionnement d'un juge d'instruction
même si la similitude est la même recherche de faits.
La différence est la prise en compte de ces faits dans une
décision relative à la personne elle-même.
L'étude se différencie des déclarations par
le caractère obligatoire de celles-ci même si le questionnaire
peut-être utilisé à des fins statistiques par
exemple. Il faut du volontariat dans une étude, donc librement
acceptée. Il faut de la confiance et de la loyauté
de part et d'autre, enquêteur et répondant.
Les deux conditions déontologiques qui définissent
l'étude et la différencie des « contrefaçons
» doivent être conjointes, on l'a vu : la collecte de
données personnalisées (se rapportant à un
individu ou une société) mais anonymes et la seule
utilisation à des fins statistiques.
La contrefaçon la plus probante et la plus grave est celle
du télé-marketing. Le questionnement premier que tente
le télé-acteur vis à vis du public est souvent
présenté comme une étude ou un petit sondage.
Ce prétexte, s'il est bien mené doit conduire à
une action commerciale, un rendez-vous, une commande immédiate
ou différée.
Dans le grand public, ces fausses études créent un
climat de défiance a priori qui rend le travail des enquêteurs
difficile. Elles conduisent au paradoxe étonnant dans nos
démocraties : par crainte d'être fiché dans
une banque de données de consommateurs, le grand public refuse
de donner son opinion quand on la lui demande.
C'est pourquoi la promotion et le respect de la déontologie
des métiers des études restent un gage de la qualité
et une nécessité aussi impérieuse qu'une loi.
Le
guide pratique de la qualité en études de marché
Le Syntec-Etudes Marketing et Opinion a réalisé un
ouvrage de 123 pages sur la qualité en études de marché,
destiné aux professionnels du secteur.
Cet ouvrage est organisé en quatre chapitres qui abordent
successivement :
- les études qualitatives,
- les études quantitatives ad hoc,
- les études quantitatives répétitives,
- les panels.
En effet, les méthodes utilisées sur ces quatre types
d'études sont suffisamment distinctes pour justifier des
développements séparés. D'un côté
elles couvrent un champ suffisamment large pour être représentatives
de la plupart des travaux effectués dans le domaine des études
de marché.
Certaines études ne sont toutefois pas représentées
dans ce guide. Les études cliniques ou les marchés
tests en sont deux exemples. Cette absence n'est pas fortuite, mais
résulte de la nécessité de faire des choix
pour ne pas étendre démesurément la taille
de ce guide.
Le lecteur qui souhaite exploiter le contenu de louvrage peut
aborder ce guide au fil de l'eau, selon une lecture cursive. Il
peut aussi le voir comme un manuel aux entrées multiples.
Le contenu du guide est repris sur le site www.syntec-etudes.com.
Lédition papier est disponible auprès de Syntec
Etudes Marketing et Opinion, 3 rue Léon Bonnat, 75016 Paris
(accompagner votre demande dun chèque de 7 € libellé
à l'ordre du GSSEC).
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