Après
une introduction du président de séance Gérard
Grunberg, Jacques Antoine a inauguré la table ronde en pointant
les difficultés de plus en plus importantes que rencontrent
les instituts pour obtenir de la part des personnes interrogées
des informations fiables sur les votes réels.
Il a souligné l'écart croissant entre les exprimés
du sondage et ceux au moment du vote. Il s'est demandé si
dans 20 ou 30 ans, la tâche des sondeurs ne serait pas tellement
difficile qu'il n'existerait plus de base scientifique suffisante
pour réaliser des sondages politiques.
Michel Lejeune
: "Les sondeurs politiques sont médiocre"
La première
estocade sur les méthodes et les pratiques des grands instituts
est venue de Michel Lejeune, chercheur au Laboratoire de Statistiques
et Analyse de Données de l'Université Pierre Mendès
France de Grenoble. Tout en prenant la précaution de signaler
que les instituts réalisaient généralement
un travail de qualité pour leurs clients, il a qualifié
de médiocres les méthodes et pratiques des instituts
lorsqu'il s'agissait de sondages politiques.
Michel Brulé lui a emboîté le pas en rapportant
l'anecdote du sondeur qui avait convié ses clients pour leur
annoncer que Jospin ne serait pas au second tour de l'élection
présidentielle. Le hic est que cela se passait en 1995 !
Michel Brulé
: "Les notices remises à la commission des sondages
sont parfois stupéfiantes !"
Rappelant que
tous les sondages donnaient, juste avant le premier tour, les mêmes
résultats a peu de chose près et pointant l'importance
des facteurs de redressement utilisés (entre 5 et 10 points
!) il a émis trois hypothèses explicatives :
La première hypothèse est le manque de concurrence
entre les sondeurs. Tous sont issus des mêmes formations (IEP),
se connaissent et sont en contact fréquent,
La deuxième hypothèse est que le contrôle de
l'autorité de tutelle que constitue la Commission des Sondages
est trop mou. Les notices remises par les sondeurs sont de qualités
inégales. Mais dans l'ensemble, elles sont «stupéfiantes»
et contiennent beaucoup de jugements arbitraires. « On dit
qu'on fait des redressements mais on ne dit pas comment : Secret
de fabrication ! On dit utiliser les 'préférences
partisanes pour redresser alors que l'élection porte justement
là-dessus !». En conclusion, le gendarme est laxiste
et il a tort d'accepter n'importe quoi et de tolérer les
aberrations statistiques.
Enfin, la troisième hypothèse énoncée
par M. Brulé est que les acheteurs média sont très
mauvais. Ils se contentent de descriptifs techniques qui ne seraient
pas acceptés par n'importe quel industriel.
Michel Brulé a conclu en indiquant quà partir
de ces hypothèses, il existe des clauses claires pour remédier
à la situation.
Didier Wikowski
: "Aucun modèle statistique ne donne des éléments
prédictifs satisfaisants"
Piqués
au vif, les sondeurs présents ont manifesté, pendant
les interventions précédentes, un agacement croissant
et bien visible.
Didier Witkowski, de TN SOFRES Opinion est intervenu en premier
avec l'intention affichée de contrer un par un les reproches
exprimés.
Sur la similitude des résultats, attribuée notamment
à la proximité des sondeurs et leurs échanges
réguliers, il a affirmé que cela ne se passait pas
du tout comme ça. La tentation du lissage portait plutôt
sur les résultats obtenus d'une vague à l'autre que
sur les chiffres des autres instituts.
En ce qui concerne le redressement tant décrié, il
a expliqué qu'il existait une cohérence d'une élection
à l'autre et que les votes ne basculaient pas comme cela
d'un bout à l'autre de léchiquier. Pour étayer
ce propos, il sest appuyé sur l'exactitude des estimations
de résultats donnés le jour de l'élection sur
les échantillons de bureaux de votes et redressés
sur les votes antérieurs, qui tendaient à prouver
que les redressements pratiqués sur les résultats
précédents étaient bien valables.
Pour ce qui est des élections de référence,
M. Witkowski a précisé que les sondeurs essayaient
de redresser plusieurs fois en prenant l'élection la plus
semblable, la plus récente ainsi que plusieurs autres élections.
Il a toutefois rappelé qu'il était difficile pour
les sondés de reconstituer fidèlement leurs votes
antérieurs sauf par rapport aux présidentielles (Qui
se rappelle parfaitement de ce qu'il a voté aux 3 dernières
élections ?).
M. Witkowski a reconnu un certain empirisme dans ces redressements,
tout en indiquant qu'il était dubitatif sur la capacité
d'un modèle statistique qui donnerait des tendances fiables
et des éléments prédictifs satisfaisants. Il
a toutefois signalé que les instituts n'étaient pas
fermés aux techniques statistiques qui pourraient apporter
plus d'exactitude notamment dans l'appréciation des marges
d'erreurs.
Il a également manifesté de l'intérêt
par rapport à la piste évoquée par une précédente
conférencière canadienne, Claire Durand (Université
de Montréal). Mme Durand avait indiqué lors d'une
conférence intitulée « Sondages et estimations
de vote : une comparaison France-Canada », que les firmes
canadiennes et québécoises faisaient systématiquement
suivre la première question sur l'intention de vote, d'une
deuxième destinée a recueillir, chez les indécis,
une indication du candidat pour lequel ils pourraient aller voter.
Pour terminer M. Witkowski a suggéré également
que les instituts communiquent désormais des fourchettes
d'intentions de vote plutôt que des pourcentages.
Edouard Lecerf
: "Qu'est-ce qui prouve que les chiffres du CESP sont justes
?"
Edouard Lecerf,
d'IPSOS très impatient d'intervenir, a commencé par
s'en prendre à la phrase de Mr Lejeune sur la médiocrité
des sondages politiques. Il a d'abord voulu mettre en évidence
le fait que ces sondages étaient les seuls à recevoir
une validation ou une sanction issues de la réalité.
Il a posé la question de savoir ce qui prouvait que les résultats
de Médiamétrie correspondaient bien à la réalité
ou que les chiffres du CESP étaient justes. Cette question
a provoqué dans la salle une certaine émotion et l'intervention
d'un congressiste qui s'est notamment levé pour lancer «
Non je ne peux pas vous laisser dire ça ! ». Pour calmer
le jeu, Mr Lecerf a rappelé que son objectif n'était
pas de remettre en cause les autres formes de sondages mais seulement
de pointer la situation spécifique des sondages politiques,
dont la justesse ou les erreurs pouvaient être appréciées
systématiquement et objectivement, par rapport au résultat
des élections.
Il a poursuivi en indiquant que les sondages du premier tour devaient
mesurer les intentions de vote pour 16 candidats. Dans un autre
contexte, on serait déjà très heureux d'avoir
d'aussi bonnes approximations pour apprécier, par exemple,
la part de marché de 16 produits.
Enfin, il a rappelé que les instituts d'études étaient
des sociétés commerciales, confrontées à
des réalités économiques les obligeant à
travailler vite et à optimiser leurs dépenses.
Jérôme
Sainte-Marie : "On ne détruit que ce que l'on pourrait
remplacer"
Jérôme
Sainte-Marie, de BVA, a démarré son intervention en
indiquant qu'on ne détruisait que ce que l'on pouvait remplacer.
«On fera des sondages politiques tant que ceux-ci vaudront
mieux qu'aller au café du coin pour prédire le résultat
des élections.».
Il a évoqué son oncle, un scientifique qui, après
le premier tour des élections s'était moqué
du caractère non-scientifique des sondages politiques, s'empressant
de demander aussitôt : « Mais qu'est-ce que ça
donne pour le 2ème tour ? ».
Mr Sainte-Marie a indiqué que l'on vivait un grand changement
dans la profession qui consistait en un passage du sondeur démiurge
au sondeur technicien.
Pour expliquer les erreurs, il a rappelé d'abord que les
sondeurs travaillaient sur des données imparfaites, les intentions
de vote. Ces données déclaratives pouvaient comporter
des biais importants par rapport aux bulletins de votes qui allaient
être mis dans les urnes.
Il a également pointé les biais liés à
la difficulté croissante dans la constitution des échantillons,
dans les modes de recueil habituels que sont le téléphone
et le face à face. Au passage, il a exprimé un grand
scepticisme face au recueil par Internet, en France, de données
sur des échantillons représentatifs.
Rebondissant sur la suggestion de son collègue de la SOFRES
sur la publication des marges d'erreur (production de fourchettes),
il a qualifié cette pratique de dérive pseudo-scientifique
et « de la vision la moins sincère du mensonge ».
Pour terminer, il a stigmatisé « l'usage social disproportionné
des sondages » tout en estimant normal qu'on veuille savoir
qui va l'emporter et de combien.
Emmanuel
Rivière : "Si les sondages étaient vraiment une
photo à linstant T, on y verrait la grosse tâche
de lindécision"
Emmanuel Rivière, du Service d'Information du Gouvernement
a commencé par mettre en garde contre la tentation de sombrer
dans certains excès. Il a rappelé que le vote était
un comportement secret et qu'il ne fallait pas en rajouter sur la
médiocrité des sondeurs. La grande exactitude des
sondages pour les législatives et la bonne approximation
des résultats du second tour des présidentielles étaient
plutôt le signe d'une qualité qu'il fallait reconnaître.
Cela montrait notamment que les redressements effectués sur
la base de données vieilles de 15 jours seulement étaient
évidemment plus justes que ceux utilisant des votes d'il
y a 5 ans.
Mr Rivière a également rappelé que les résultats
des sondages électoraux de 2002 comportaient, dans l'ensemble,
moins d'erreurs que ceux de 1995. Ils ont bien prévu l'abstention
record, les résultats records de l'extrême gauche et
de l'extrême droite dans son ensemble (Le Pen + Megret) ainsi
que le non franchissement de la barre de 20% par aucun des candidats
en présence.
Il a plutôt suggéré de se tourner vers la manière
dont l'information avait été restituée au public
et s'est interrogé sur l'impact de l'affirmation «
Jospin-Chirac au 2ème tour » sur les votes des Français.
Il a poursuivi en se demandant si on pouvait continuer à
endosser la responsabilité de restituer l'information sous
sa forme actuelle.
Mr Rivière a rappelé que les sondages n'étaient
pas une photo à l'instant T comme on le disait trop souvent.
« Sinon on verrait au milieu la grosse tâche de l'indécision
». En effet, les indécis n'entrent pas dans le calcul
des pourcentages d'intentions de vote pour chaque candidat. Il a
suggéré de rendre compte de ces incertitudes pour
mieux faire part de la situation.
Gérard
Grunberg : "On doit bien examiner la méthode des quotas"
Le président
de séance, M. Grunberg a repris la parole pour rappeler que
la question n'était pas de faire le procès des sondeurs
mais d'avancer sur différents points.
Ainsi, il serait intéressant de savoir si les sondeurs avaient
le sentiment que leur métier était de plus en plus
dur pour produire des résultats fiables ? Si oui, pourquoi
?
« On sait que les bruts de Le Pen sont toujours très
faibles et que les redressements sont très élevés.
Cela pose en soi le problème des quotas que l'on doit bien
examiner, même si on ne va pas conclure qu'il faut passer
au mode aléatoire comme dans les autres pays qui nous pressent
à le faire ». Il y a donc, a-t-il poursuivi, une nécessaire
interrogation sur la difficulté du métier.
Par ailleurs, M. Grunberg a pointé l'importance de la dimension
économique, qui pouvait mener à une contradiction
entre l'enjeu politique des sondages et les conditions économiques
de leur réalisation.
Enfin, il a évoqué l'importance de l'auto-contrôle
et du contrôle. Il a estimé que la profession devait
être demandeuse et qu'elle devait tout faire pour sortir du
secret et s'insérer dans le maillage social.
Après cette intervention, la salle a eu la parole pendant
quelques minutes pour poser des questions et faire part de quelques
réactions. Parmi celles-ci, un congressiste canadien a fait
part d'une expérience au Canada qui a consisté, après
des sondages politiques ratés, à ré-interroger,
après l'élection, tous les répondants interrogés
auparavant, afin de bien comprendre ce qui s'était passé.
Il a demandé si une telle initiative était prévue
en France, mais n'a pas eu de réponse à cette question.
Jérôme
Sainte-Marie : "En France, les échantillons sous-évaluent
les sans diplômes et sur-estiment les fonctionnaires"
Jérôme
Sainte-Marie a repris la parole pour indiquer qu'il n'y avait pas
véritablement aujourd'hui, en France, un organisme de contrôle
des sondeurs. Il a évoqué l'expérience anglaise
de 92, où la commission des sondages avait remis à
plat les méthodes utilisées en effectuant un véritable
audit des instituts. Des hypothèses ont été
émises sur les dysfonctionnements constatés, puis
ont été validées scientifiquement.
Ainsi, on a vérifié que les méthodes d'échantillonnage
conduisaient à sur-représenter les habitants des logements
sociaux et à sous-représenter les ménages plus
aisés, possesseurs de 2 voitures.
M. Sainte-Marie a estimé qu'en France, les échantillons
avaient tendance à sous-représenter les sans-diplômes
et à surestimer les personnels de la fonction publique. A
ce sujet, il a indiqué que le mode de recueil en face à
face lui semblait plus fiable car moins élitiste que le téléphone,
et qu'il donnait en général une meilleure estimation
de candidats comme Le Pen, alors qu'on pouvait penser le contraire.
Didier Witkowski
: "La méthode aléatoire donne de moins bons échantillons
que la méthode des quotas"
Didier Witkowski,
a indiqué, quant à lui, qu'il avait le sentiment que
l'enjeu ne portait pas sur les échantillons mais sur le mode
de recueil et le redressement. Il s'est dit d'accord avec Jérôme
Sainte-Marie sur la sous-représentation des sans diplômes
mais s'est demandé si la raison en était qu'on ne
les recueillait pas ou qu'ils ne se déclaraient pas. Il a
suggéré que les sans diplômes avaient tendance
à dire qu'ils en avaient un petit.
Remarquant par ailleurs que les sondages effectués au lendemain
du premier tour de la présidentielle, donnaient toujours
7 à 8% de votants pour Le Pen, il s'est demandé s'il
ne s'agissait pas là d'un véritable acte politique
des partisans de ce candidat.
Par rapport à la méthode des quotas, M. Witkowski
a indiqué qu'en 2000, une grande enquête avait été
effectuée en aléatoire et que l'échantillon
obtenu s'était révélé bien plus mauvais
qu'avec la méthode des quotas, y compris sur les sans diplômes.
Enfin, répondant à son collègue de BVA, M.
Witkowski a estimé que le face-à-face se révélait
généralement moins bon que le téléphone
pour l'estimation des intentions de vote.
Jacques Antoine
: "La commission des sondages naccepte pas nimporte
quoi"
Jacques Antoine
a pris la parole pour rappeler qu'il n'y avait pas, en France, de
bonnes statistiques INSEE concernant les diplômes.
Répondant aux deux précédents intervenants,
il a estimé quant à lui que les biais étaient
plus forts au téléphone qu'en face à face,
par rapport au niveau socio-culturel des répondants qui veulent
bien répondre à une enquête.
Revenant sur les attaques de M. Brulé concernant la Commission
des sondages, Jacques Antoine, expert scientifique auprès
de cette commission, a voulu pointer le peu de moyens dont disposait
cet organisme, par rapport à des institutions comme le CESP.
Il a également fait part des délais très courts
auxquels devait faire face cette commission, notamment dans les
derniers jours.
Ceci dit, Mr Antoine a affirmé que la commission n'acceptait
pas n'importe quoi et qu'elle demandait parfois plus de précisions
sur certains points. Cependant, il a estimé que sa mission
première consistait à vérifier que le travail
des instituts était conforme aux règles de l'art,
en leur laissant toutefois la responsabilité de leurs chiffres.
Il a reconnu que le travail de la commission devrait être
réformé mais, a-t-il précisé, pas indépendamment
du reste, c'est-à-dire, en phase avec une déontologie
à redéfinir avec les sondeurs eux-mêmes.
Michel Lejeune
: "Il faut faire passer lidée des marges derreur"
Michel Lejeune
qui avait mis le feu aux poudres en début de réunion,
a précisé que son qualificatif de médiocre
devait être perçu au regard de l'enjeu.
Convenant qu'il valait mieux parler d'incertitudes que d'erreurs,
il a insisté sur l'importance des relations avec les médias
pour faire passer l'idée de marges d'erreurs. Il a rappelé
que les journalistes savaient peu de choses sur les sondages et
que la communauté scientifique et les sondeurs devaient mieux
communiquer avec eux pour faire en sorte que ce qui leur est transmis
soit moins déformé ou simplifié.
Au sujet de la relation avec la presse, M. Lejeune a fait part d'une
anecdote sur la difficulté pour la Société
Française de Statistiques de faire un simple communiqué
de presse explicatif après les élections. Après
des débats internes sur l'opportunité de réagir
à chaud puis une grande discussion méthodologique
sur la notion d'échantillons représentatifs, il avait
été décidé de ne rien faire pour le
moment !
Emmanuel Rivière a confirmé que la moulinette audio-visuelle
réduisait le résultat à sa plus simple expression
et qu'il restait toujours au final, des chiffres énoncés
sans précautions.
Michel Brulé
: "Ne pas dire comment on a redressé est inacceptable"
Répondant
notamment à Jacques Antoine, Michel Brulé a précisé
qu'il reprochait à la Commission des Sondages d'accepter
l'arbitraire en matière de manipulation des chiffres :
« Ne pas dire comment on a redressé est inacceptable.
La dose d'arbitraire est trop importante ». En laissant trop
de latitude à « l'art » du sondeur, la commission
détourne les instituts de l'amélioration des données
de base. On met donc dans le même panier ceux qui travaillent
bien et ceux qui pensent s'en sortir en bidouillant les chiffres.
Il a dénoncé le fait que la science politique était
amenée à analyser la motivation et la structure sociale
de l'électorat à partir seulement du tiers des votants
Le Pen qui s'exprimaient. C'était le même problème
pour le vote communiste dans les années 50-60.
En guise de solution, M. Brulé a suggéré de
remplacer la question sur l'intention de vote par une urne dans
laquelle le sondé aurait à glisser un bulletin.
Pour conclure, M. Brulé a insisté sur l'importance
pour la profession d'identifier et de corriger tous les biais.
Mr Grunberg a clôturé cette table ronde très
animée en indiquant qu'il fallait prendre plus au sérieux
la profession de sondeur dont le travail doit être en permanence
discuté et contrôlé.
Participants
à la table ronde :
Gérard
Grunberg
Directeur de recherche CNRS (IEP Paris) et chercheur au CEVIPOF.
Michel Lejeune
LABSAD-laboratoire de statistiques et analyses de données.
Université Pierre Mendès France.
Domaines de recherche : La statistique multivariée et les
enquêtes et les sondages.
Jacques Antoine
Professeur honoraire au CNAM, Directeur de Cesem Opinion.
Conseiller scientifique à la commission des sondages.
Jérôme
Sainte-Marie
Directeur des études politiques à l'institut BVA.
Edouard Lecerf
Directeur Général d'Ipsos Opinions.
Emmanuel
Rivière
Directeur du Département des Etudes et des Sondages au Pôle
Observatoire de l'Opinion du SIG (Service dInformation du
Gouvernement).
Didier Witkowski
Directeur adjoint du département politique et opinion de
la SOFRES. Spécialisé dans les enquêtes quantitatives,
il a en charge la plupart des enquêtes d'opinion réalisées
pour la presse.
Michel Brulé
Revue Societal.
Co-fondateur de BVA et auteur de "L'empire des sondages : transparence
ou manipulation."
La commission
des sondages :
La commission des sondages existe depuis 1997, sa constitution est
prévue dans l'article 6 du 19 juillet.
Elle est composée de 9 membres plus deux personnes qualifiées
qui sont désignées par décret en conseil des
ministres et élues pour trois ans. Le dernier décret
date du 27 mars 2002 et a donné la composition suivante :
3 membres
du conseil d'état :
Jean-Michel GALABERT, Président de section au conseil d'état
Pierre ZÉMOR, Président de la communication au conseil
d'état
Edwige BELLIARD, Conseiller d'état
3 membres
de la cour de cassation :
Michel ALDEBERT, Conseiller honoraire
Gérard PALISSC, Conseiller
Philippe SEMPÈRE, Conseiller
3 membres
de la cour des comptes :
Jacques MÉNIER, Conseiller maître honoraire
Anne-Marie BOUTIN, Conseiller maître
Jean-Pierre BONIN, Conseiller référendaire
2 «
personnes qualifiées » :
Christian BIDEGARAY, professeur des universités
Elisabeth DUPOIRIER, directrice de recherche au centre d'étude
de la vie politique française.
Les deux personnes qualifiées ne doivent pas avoir exercé
d'activité dans un institut de sondage au cours des trois
années précédant leur nomination ni en avoir
reçu de rémunération sous quelque forme que
ce soit durant les 5 années précédentes.
Cette commission
veille au respect des lois et doit demander au garde des Sceaux
de saisir la justice en cas d'infraction les amendes peuvent atteindre
750.000 Euros. Elle a le pouvoir de contraindre à la publication
d'une mise au point les organes d'information n'ayant pas respecté
leurs obligations légales.
Le 24 mai 1997, elle a dailleurs demandé des poursuites
contre les médias français qui avaient violé
des dispositions de l'article 11 de la loi du 19 juillet 1977 qui
interdisaient par quelque moyen que ce soit, pendant la semaine
qui précède chaque tour de scrutin, la publication
et la diffusion de tout sondage.
Le 20 février 2002, le législateur a autorisé
la publication de sondages électoraux jusqu'au vendredi minuit
précédant le scrutin tout en renforçant le
contrôle de la commission des sondages.
Notons que la commission peut aussi à tout moment faire diffuser
des mises au point par le service public de l'audiovisuel.
De plus, les instituts de sondage doivent remettre une notice d'information
contenant des informations très précises (l'objet
du sondage, le choix de la composition de l'échantillon,
le texte intégral des questions posées
) et ce,
24 heures au plus tard avant la diffusion ou la publication du sondage.
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